Interview de M. Baudot, un des deux auteurs des ouvrages relatifs à la M14 et M57


Pédagofiche n’est pas seulement une entreprise.


Elle est aussi le fruit du travail et de la collaboration avec des professionnels passionnés, désireux d’aider leurs clients au quotidien.


Bienvenue dans les coulisses de Pédagofiche !


Aujourd’hui, nous avons interviewé M. Baudot, il a exercé plusieurs fonctions notamment directeur territorial et responsable des finances dans des mairies.




Il collabore avec Pédagofiche, dans le cadre de la rédaction de l’ouvrage Guide de l’imputation des dépenses et des recettes communales - M. 14 depuis presque 20 ans.


Il a également réalisé avec M. Fichot, le nouvel ouvrage Guide de l’imputation - M. 57, aussi disponible dans sa version numérique.


Il est aussi l’auteur des schémas de procédure accessibles sur MairiExpert et qui décrivent pas à pas les procédures administratives à respecter.


Quelles sont selon vous les difficultés que rencontrent les communes et intercommunalités dans le cadre de l’élaboration de leur budget annuel ?


Je dirais qu’il existe 2 catégories de difficultés : la première est une difficulté à équilibrer les finances. Les recettes doivent être suffisantes pour faire face aux dépenses. Dans le contexte actuel, cela est d’autant plus difficile pour les collectivités.


La deuxième difficulté est selon moi une difficulté d’ordre technique. Le cadre budgétaire des communes est particulièrement complexe. Celles-ci doivent appliquer l’instruction budgétaire, M14. Dès 2024, elles devront appliquer la M57. Ces nomenclatures reflètent un langage complexe, qui est difficile à comprendre et à traduire pour les non-initiés. Les conseillers municipaux ou les agents communaux gestionnaires sont particulièrement concernés.


De plus, le budget se divise en 2 sections : investissement et fonctionnement.


Certains travaux sont de l’ordre de l’investissement et d’autres sont de l’ordre du fonctionnement. Bien sûr cela a des conséquences importantes puisque les financements sont différents s’ils figurent dans une section ou dans l’autre. Certaines écritures comptables comme l’amortissement, la cession d’un bien etc. sont particulièrement complexes.


L’enjeu de l’imputation correcte est primordial, car si une erreur d’imputation est commise en amont d’un budget, cela fausse l’analyse préalable à la préparation du budget.


Comment les aidez-vous au quotidien ?


J’aide les collectivités de diverses manières.


La première est en rédigeant des ouvrages (les guides de l’imputation des dépenses et des recettes M14 et M57) avec M. Fichot.


L’idée de mettre en place un dictionnaire comptable m’est venue antérieurement dans les années 90, quand j’étais responsable des finances, dans une mairie. Le dictionnaire comptable, n’a vu le jour que dix ans plus tard, en effet il fallait un éditeur. Il y avait un véritable besoin. Il devenait primordial de faire une analyse dans un aspect pédagogique.


L’objectif était de partir du concret pour conduire le lecteur à la réponse comptable adaptée en expliquant bien le sens les choses.


Il fallait rendre les questions de comptabilité accessibles à tous, avec des mots qu’utilisent les fonctionnaires territoriaux.


Les 3 000 mots-clés que nous avons répertoriés, M. Fichot et moi-même, sont issus de la vie réelle, ce que je considère comme « les mots liés aux situations concrètes, le langage courant ». Bien sûr il regroupe également des termes administratifs et comptables ainsi que des synonymes.


Pour chaque mot-clé, nous déclinons les cas d’usage pour couvrir toutes les situations concrètes. Pour le mot « étude », par exemple, il y a plusieurs déclinaisons comme :

- Études préalables d’un investissement

- Maîtrise d’œuvre,

- Dépenses de fonctionnement.


Nous voulions que notre ouvrage rende accessible la comptabilité au plus grand nombre.

Toujours dans un aspect pédagogique, une partie de notre ouvrage apporte des explications de mécanismes comptables. Nous disposons également d’un véritable suivi de l’ouvrage et un dialogue très enrichissant avec nos lecteurs.


Un certain nombre d’utilisateurs contactent Pedagofiche et font remonter des remarques. Ils suggèrent aussi l’ajout de mots-clés.


En décembre et janvier, de chaque année un nouvel ouvrage est créé. Nous insérons les contenus de la mise à jour réglementaire mais nous incluons aussi les enrichissements qui proviennent des remarques des clients effectuées tout au long de l’année.


Si vous deviez donner un conseil, en termes de budget, ce serait lequel ?


Dans l’élaboration d’un budget, ce qui est important c’est une bonne compréhension pour que la « démocratie locale » soit bien respectée. Il faut que la présentation du budget soit compréhensible par des non-initiés. Nous travaillons dans un effort constant de vulgarisation, mais les mairies doivent aussi rendre compréhensible la présentation du budget.


Le responsable des finances joue un rôle en expliquant le contenu concret du budget, il faut penser à se faire comprendre.


Un conseil important : lors d’une séance du conseil municipal, un ou plusieurs fonctionnaires territoriaux devraient être présents pour apporter les précisons techniques.

Je pense qu’il peut être très utile de disposer de l’outil Lexicompta de manière partagée. Il existe en version en ligne ou papier. Un que conserverait le responsable des services financiers, un autre pour le comptable public et un dernier que conserveraient les gestionnaires territoriaux.


Lexicompta peut aussi apporter une aide précieuse à la compréhension pour des personnes non-initiées. Si tous les partenaires travaillent avec le même outil cela facilite le travail.


Un autre conseil serait de recruter des secrétaires de mairies qui ont une bonne formation au sujet du budget.


Les services du Trésor sont de plus en plus éloignés des mairies. Il existe bien souvent seulement trois ou quatre lieux géographiques de poste comptable. Les relations téléphoniques sont donc devenues monnaie courante, ainsi que les échanges à distance. La fonction de conseil que remplissaient les comptables publics se réduit avec le temps.


En ouvrant le livre ou en consultant la version numérique, on comprend tout de suite comment le dictionnaire fonctionne. Cela peut remédier à cet éloignement géographique des services comptables. Le livre comporte une autre partie sur les principes et mécanismes comptables où on explique de manière très pédagogique, avec un exemple, un tableau, en distinguant ce qu’on fait, et les écritures comptables. Cela permet de comprendre que toutes les choses ont un sens.


Pouvez-vous nous parler un peu de votre carrière ?


Après une formation juridique et l’obtention d’un DESS administration des collectivités locales, j’ai suivi une carrière de fonctionnaire territorial pendant plus de 40 ans dans 6 collectivités successives (mairies et intercommunalités).


J’ai également été deux fois responsable des finances dans des mairies.


J’ai été directeur territorial à partir des années 80. J’ai exercé mes dernières fonctions à l’agglomération de Montpellier en tant que chargé de mission de la planification dans le secteur de l’environnement et des transports. Il s’agissait également d’assurer le suivi administratif et budgétaire.


Depuis 2017 je suis retraité, et je réalise des travaux d’auteur : d’une part les mises à jour et enrichissements de Lexicompta, avec Daniel Fichot, et d’autre part le guide des procédures administratives sur MairiExpert en tant qu’unique auteur.


J’ai eu l’idée de réaliser ces schémas de procédure. Il s’agit d’un outil à la fois méthodologique et juridique. Il permet de connaître les étapes à suivre pour un grand nombre de procédures. Si vous voulez faire telle chose, vous trouverez le cheminement « qui fait quoi ? ». Les documents sont des délibérations, arrêtés, lettres et notes méthodologiques.


Quelle est votre activité préférée dans le cadre de vos fonctions ?


L’aspect pédagogique est sans aucun doute ce que je préfère. J’ai dispensé des séances de formation par le passé. Ce qui m’intéresse est de répondre à un fonctionnaire qui pose une question.


« Qu’est-ce que je dois faire ? » Me demande-t-il.


Pour moi l’important est de lui montrer le raisonnement, apporter un conseil en déterminant la chaîne logique, qui va déboucher à un choix logique et de bon sens. Je tiens à être pédagogique dans les conseils que je donne. Un responsable financier est là pour conseiller, dire ce qu’on peut faire et ce que l’on ne peut pas faire.


Je veux que le client comprenne l’aspect concret, le pourquoi des choses.

Comment se déroule votre collaboration avec Pédagofiche ?


Notre collaboration dure depuis 20 ans même un peu plus, car Lexicompta a été lancé en 2002. Les premiers contacts ont eu lieu en 2001. Je suis auteur non salarié, je travaille donc à distance mais nous faisons un point régulièrement.


Mon souhait à l’avenir : Assurer la pérennité des ouvrages et la continuité dans le temps. Pour Lexicompta c’est un peu particulier car la M14 va être remplacée par la M57, la transition est délicate. La M57 deviendra obligatoire en 2024.


Pour les schémas de procédures ils existent en version numérique mais ils peuvent aussi être téléchargés et imprimés. Le client peut les adapter et les personnaliser selon sa situation.


Qu’aimez-vous faire en dehors de vos fonctions ?


J’aime profiter de la retraite, le jardinage et la randonnée.


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